Un fil et deux mains

 

On parle souvent des passions comme de quelque chose de positif. Une activité qui nous fait du bien, qui nous permet de nous exprimer et de nous épanouir.

Pour moi, la couture a été tout cela à la fois. Mais elle a aussi été autre chose : un refuge.

À une période de ma vie où certaines choses n’étaient pas simples dans mon quotidien, la couture est devenue mon échappatoire. C’était un moment où je pouvais oublier les problèmes, me concentrer sur quelque chose de concret, avancer projet après projet.
La couture m’a donné un objectif, un rythme, une motivation. Elle m’a aidé à traverser cette période.
Mais avec le recul, je me rends compte que je m’y suis aussi un peu enfermé

À cette période de ma vie, je me sentais un peu perdue. Je n’avais pas beaucoup de contacts sociaux, et je suivais des études qui ne me correspondaient pas. Puis, j’ai découvert la couture. Ce fut comme une révélation : j’adorais ça, je me suis immédiatement sentie à ma place. C’était stimulant, créatif, et ça me donnait un objectif concret.

Au début, c’était un moyen de m’évader, de me concentrer sur quelque chose de positif. Mais petit à petit, la couture a pris de plus en plus de place dans ma vie. Chaque instant libre était consacré à mes projets : mes soirées, mes week-ends… je passais mes journées à coudre. Même lorsque des amis me proposaient de sortir, j’avais tendance à décliner, préférant terminer un projet ou en commencer un nouveau.

C’est là que j’ai compris que ce qui avait commencé comme un échappatoire était devenu presque une habitude, voire une obsession. La couture me faisait du bien, mais elle m’isolait aussi. Je me coupais des autres, pensant qu’avancer dans mes projets valait tout le reste.

Ce n’était pas facile, mais j’ai appris beaucoup sur moi-même pendant cette période. Et c’est aussi grâce à cette expérience que j’ai compris l’importance de trouver un équilibre entre passion et vie personnelle.

Aujourd’hui, la couture fait toujours partie de ma vie. Mais j’ai appris une chose importante : même les plus belles passions doivent trouver leur équilibre.

 

 

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